Le vapeur Bandırma à Samsun, le navire qui a conduit Mustafa Kemal dans la ville en mai 1919, est un musée construit à ses dimensions exactes — et non l’original. Il a été construit d’après les plans originaux en 300 jours, sur une décision prise en 1999 par le gouverneur de Samsun d’alors et exécutée par la municipalité métropolitaine et l’administration spéciale provinciale, et depuis 2005 la municipalité en détient tous les droits et l’exploite comme musée.

L’original avait derrière lui une longue carrière sans éclat avant les trois jours qui l’ont rendu célèbre. Il fut lancé à Glasgow en juillet 1878 au chantier Phoenix de Paisley, McIntyre & Co., sous le nom de Trocadero, vapeur à hélice à coque de fer, cargo et navire à passagers immatriculé à Londres. Il passa entre les mains de propriétaires de Londres et du Pirée et transporta des marchandises pendant des années sous le nom de Kymi ; le 12 décembre 1891, une erreur de navigation le jeta sur les rochers au large d’Erdek et il fut déclaré perte totale, avant d’être racheté, renfloué et réparé dans la Corne d’Or au cours de la même année. En 1894, il passa à l’İdare-i Mahsusa, l’administration maritime ottomane de l’époque, et transporta du fret et des passagers dans les eaux ottomanes ; lorsque cet organisme fut rebaptisé Administration maritime ottomane le 28 octobre 1910, il devint un vapeur postal, sous le nom de Bandırma. Pendant la Première Guerre mondiale, il servit de transport et, en août 1915, naviguant en convoi en mer de Marmara, il fut manqué par une torpille du sous-marin anglais HMS E-14. Après le voyage vers Samsun, il retourna au service postal ; il fut retiré du service en 1924, vendu au démolisseur İlhami Selçuk Söker en 1925 et démantelé dans la Corne d’Or en quatre mois.

Les détails de son immatriculation montrent à quel point c’était un navire ordinaire. Il jaugeait 328 tonneaux bruts et 192 nets, mesurait 150,1 pieds de long, 22,4 de large et 11,4 de creux, fut construit sur la cale numéro 21 et était mû par une machine à vapeur à double expansion de 60 chevaux fabriquée par Hutson & Corbett de Glasgow. Son premier propriétaire fut la firme londonienne Dansey & Robinson. Après qu’il eut heurté les rochers au large d’Erdek, un capitaine Andreadis l’acheta et le remit à flot, un autre propriétaire lui donna le nom de Panderma, et en 1894 un courtier italien d’İstanbul traita sa vente à la ligne d’État ottomane.

L’après-midi du vendredi 16 mai 1919, il quitta le quai de Galata à İstanbul avec à bord Mustafa Kemal Paşa et son état-major, et atteignit le Tütün İskelesi de Samsun à huit heures du matin le lundi 19 mai. Il passa les trois jours de la traversée dans une cabine, et cette cabine est le cœur du musée : une réunion y est mise en scène avec des figures de cire de Mustafa Kemal Paşa et de quatre de ses compagnons, autour d’une table en noyer et de chaises du début des années 1900, une carte de la mer Noire de 1910 travaillée sur peau de gazelle étant étalée sur la table. L’horloge en laiton située en face de sa figure est fixée sur huit heures, l’heure à laquelle il mit pied à terre. Un téléphone à double combiné de la fin du XIXe siècle est accroché au mur, et des instruments de mesure de cartes et un extincteur font partie de la scène.

Le reste du parcours suit des flèches vertes sur le pont. Au milieu du navire se trouve la passerelle, avec des figures du capitaine İsmail Hakkı Bey, du second Tahsin Bey d’Üsküdar et du chiffreur İsmail Bey, ainsi que le compas du navire, le panneau de vitesse et d’autres instruments. À l’avant, une cabine aménagée en chambre, d’après la cabine où dormait Atatürk à bord du yacht Savarona, abrite un mobilier en noyer de l’époque et une radio en bois originale des années 1930 qu’il utilisait. En face, un escalier descend dans la cale, qui est un espace d’exposition où des guides -- un historien, un historien de l’art et un archéologue -- accompagnent les visiteurs à travers les pièces présentées.

L’exposition proprement dite commence dans la cabine de la poupe, appelée salon d’ameublement, où arrive l’accès au navire. Elle présente d’abord le parcours d’étudiant de Mustafa Kemal et ses capacités militaires, puis ses voyages ultérieurs à Samsun en images, puis les documents d’archives : sa nomination comme inspecteur des troupes de la IXe armée, son activité à İstanbul et la traversée du Bandırma elle-même, exposée à travers ses instructions de service écrites, son visa anglais et les documents nommant les officiers de son quartier général. Le télégramme annonçant son arrivée à Samsun est présenté, ainsi que des documents sur les voyages à Havza, Amasya et Erzurum. La direction indique que le musée s’attarde particulièrement sur l’attachement de Mustafa Kemal à Samsun. L’aménagement par la municipalité des abords du navire a pris dix mois.

Le navire se trouve dans un parc et musée de plein air de 35 000 mètres carrés, le parc de la Lutte nationale. On y trouve ce que la direction décrit comme les plus longs reliefs en céramique de Turquie, représentant les batailles de Gallipoli et la poussée de l’ennemi vers la mer à İzmir ; une inscription nommant 1 200 hommes de Samsun et des districts environnants tués pendant la guerre d’indépendance ; des reliefs en bronze sur la lutte nationale ; un monument à sept figures de la libération nationale ; et des armes utilisées pendant les combats — artillerie, fusils, une torpille, des mines navales et des canons antiaériens. L’entrée est payante, avec un tarif réduit pour les étudiants.

Quand y aller

Climat
Dans l'ensemble de la province de Samsun, les températures moyennes mensuelles vont de 7,2 °C en février à 23,7 °C en août ; la moyenne reste comprise entre 15 et 25 °C en mai, juin, juillet, août, septembre et octobre ; les précipitations sont les plus fortes en novembre (83 mm) et les plus faibles en juillet (35 mm). Moyennes de long terme de la période 1929-2025, Service météorologique de l'État turc (MGM).Vérifié: 22 septembre 2026

Comment s’y rendre

Accès
Sur la plage de Bandırma, dans le district de Canik, à vingt-quatre kilomètres de l’aéroport et à six de la gare routière. On y vient en dolmuş urbain ou en calèche par la route du littoral.Vérifié: 15 septembre 2026