Troie se trouve en Turquie, à Tevfikiye, dans le district central de la province de Çanakkale. Pour vous y rendre depuis la ville, prenez la route Çanakkale–İzmir jusqu’au kilomètre 25, tournez vers le village de Tevfikiye et continuez sur 5 km ; des minibus pour Tevfikiye partent du centre-ville. Le musée de Troie se trouve au même endroit, dans la plaine juste en contrebas du tertre. Toute la région correspond à l’antique Troade, la terre qui relie l’Égée à la mer de Marmara et l’Europe à l’Asie.
Pourquoi le site se trouve là
Cette position est la clé de Troie. La ville se trouvait au point de rencontre de l’Anatolie, de l’Égée et des Balkans, et ses dirigeants successifs entretinrent des liens commerciaux et culturels avec d’autres régions parce que le lieu donnait de la valeur à ces liens. La route culturelle de Troie décrit la Troade comme un passage que les peuples anatoliens empruntèrent pour gagner l’Europe à partir d’environ 7000 av. J.-C., et la même terre vit plus tard les Hellènes, les Lydiens et les Perses, Alexandre le Grand, Rome, Byzance et les Ottomans. Pendant la Première Guerre mondiale, la campagne des Dardanelles se déroula dans cette région.
Neuf villes superposées
Ce que vous voyez sur le site est un tertre formé de neuf niveaux d’habitat, chacun construit sur les restes du précédent. Ensemble, ils couvrent plus de trois mille ans sans interruption. Le niveau le plus bas appartient au Bronze ancien, entre 3000 et 2500 av. J.-C. ; le plus haut est romain, de 85 av. J.-C. au VIIIe siècle apr. J.-C. Comme la séquence ne s’interrompt jamais, Troie sert de point de référence pour dater d’autres sites archéologiques d’Europe et de l’Égée.
Heinrich Schliemann ouvrit les fouilles en 1871, et W. Dörpfeld et C. W. Blegen les poursuivirent après lui. C’est aussi Schliemann qui désigna le tertre comme le lieu du trésor de Priam.
La Troie de l’Iliade
La plupart des gens connaissent Troie par l’Iliade d’Homère : la ville où Pâris s’enfuit avec Hélène et où se livrèrent les guerres de Troie. La route culturelle de Troie commence au site précisément pour cette raison, et rappelle que Troie figure sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. L’Iliade ne se limite pourtant pas au tertre. Au sanctuaire d’Apollon Smintheus à Gülpınar, dans le district d’Ayvacık, les frises du temple ont pour sujet la guerre de Troie telle que la raconte l’Iliade, ce qui, selon le ministère, rend l’édifice unique. Et à Assos, le récit d’Homère sur les Lélèges, un peuple de marins du sud de la Troade, fait partie de l’histoire que raconte le site.
Le musée de Troie
Le musée est le point de départ si vous voulez que les niveaux prennent sens. Son terrain couvre environ 90 000 mètres carrés, et chaque niveau d’exposition est accessible par des rampes, quelque 480 mètres au total ; la visite commence en descendant, le long de niches murales qui présentent les niveaux successifs de Troie à travers des stèles funéraires, des statues, des reconstitutions et des photographies. Le récit est divisé en sept chapitres, dont la direction provinciale nomme six : l’archéologie de la Troade, la Troie de l’âge du bronze, l’Iliade et la guerre de Troie, la Troade et Ilion dans l’Antiquité, les périodes romaine d’Orient et ottomane, et l’histoire de l’archéologie et les traces de Troie.
Une bande d’entrée explique d’abord les outils de base — comment fonctionne la datation archéologique, et ce que signifient un tertre, le Néolithique ou l’âge du bronze — avant les galeries proprement dites. Le rez-de-chaussée embrasse la Troade dans son ensemble, avec Assos, Ténédos, Parion, Alexandrie de Troade, le Smintheion, Lampsaque et Imbros. Une pièce à repérer est une amphore en bronze de Parion, haute de 34 centimètres, trouvée en 2005 dans la nécropole sud de la ville : des satyres et des ménades dansent autour de sa panse avec des thyrses et des torches, et un Éros finement exécuté est assis sous chaque anse. Des bus de village pour Tevfikiye desservent le musée.
Autour de Troie : le reste de la Troade
La campagne autour du tertre est protégée en tant que parc national historique de Troie, créé en 1996 et couvrant 13 627 hectares de maquis égéen, de pins et de chênes, avec des dunes côtières et des zones humides où l’on a observé des hérons, des cigognes noires et des milans noirs. Alexandrie de Troade, dans le district d’Ezine, fut fondée en 310 av. J.-C. au nom d’Alexandre le Grand ; elle servit de principal port de la région, et c’est d’ici, on le sait, que Paul partit pour porter le christianisme en Europe. Des minibus de village au départ d’Ezine la desservent.
Assos, à 87 kilomètres au sud de Çanakkale, à Behramkale dans le district d’Ayvacık, s’élève sur un ancien cône volcanique ; sur son acropole se dresse le temple d’Athéna, l’un des plus anciens temples doriques d’Anatolie, et l’on s’y rassemble pour regarder le soleil se coucher sur le golfe d’Edremit. La route culturelle de Troie relie à pied ou à vélo les deux extrémités de cette histoire : elle parcourt environ 120 km de Troie au port antique d’Assos, demande environ cinq à sept jours en entier, et est divisée en étapes pour des séjours plus courts.
Quand y aller
Dans toute la province de Çanakkale, la température moyenne mensuelle reste entre 15 et 25 °C en mai, juin, septembre et octobre, et culmine à 25,2 °C en août. Un tertre à découvert, avec peu d’ombre, se visite plus facilement ces mois-là. Les horaires d’ouverture et les conditions d’entrée du site et du musée figurent sur leurs propres pages sur ce site.






