Le musée a ouvert le 14 octobre 2011 dans le complexe Merinos, et il se présente comme le premier et unique musée de l’industrie textile en Turquie. Son sujet est l’élan industriel de la période républicaine ainsi que la naissance et le développement de la production textile à Bursa, conservés pour les générations futures comme patrimoine industriel.
Bursa s’y prêtait à tous égards : sa géographie et son climat, une tradition de tissage qui remonte à travers la période ottomane, et une main-d’œuvre qualifiée déjà en place.
La fabrique de tissage de laine Merinos fut l’un des premiers exemples d’industrialisation menée par l’État. Elle a ouvert le 2 février 1938, quinze ans après la fondation de la République, sur 262 000 mètres carrés, et le musée la décrit comme l’usine textile la plus avancée des Balkans et du Moyen-Orient de son temps. Entre son ouverture et sa fermeture, elle a employé 17 500 personnes.
Replacée dans les conditions économiques et sociales d’un pays tout juste sorti de la guerre d’indépendance et pris entre deux guerres mondiales, l’usine revêtait une seconde importance : elle était l’un des plus grands employeurs de femmes du pays, et elle apportait avec elle une conception moderne de la vie professionnelle.
L’usine ne comptait pas que des machines. Elle disposait d’un court de tennis, d’un terrain de football, d’une piscine, d’une salle de cinéma et d’une crèche pour les enfants des ouvriers — des équipements qu’aucune usine de la Turquie de l’époque ne possédait, selon le récit du musée. Elle a apporté sa plus grande contribution à l’économie turque dans son propre secteur dans les années 1960. Au tournant du siècle, elle ne parvenait plus à suivre le rythme de la technologie ; la production a cessé en 2004 et le site est passé à la municipalité métropolitaine de Bursa, après quoi le bâtiment et les terrains ont été restaurés et reconstruits autour du musée, et les machines qui avaient produit des centaines de milliers de mètres de tissu et de fil ont été remises en état.
Ce que montrent les salles est une chaîne de production plutôt qu’une collection. Quatre halls suivent le processus que l’usine menait elle-même : l’arrivée de la fibre de laine brute, la formation du fil, le tissu tissé à partir du fil, la teinture et la finition, et enfin les vêtements confectionnés, avec les machines et des échantillons de matière utilisés à chaque étape. Une section de laboratoire distincte conserve les instruments employés pour les essais physiques et chimiques sur la fibre, le fil et le tissu. Le parcours a été tracé délibérément comme un seul axe de circulation afin que le visiteur puisse lire clairement les machines et que l’attention reste sur elles, et des panneaux explicatifs se dressent sur les murs derrière ce parcours et le long de ses côtés.
Une grande partie de ce qui est exposé a été donnée plutôt qu’achetée. Des personnes qui avaient travaillé des années dans l’usine ont sorti ce qu’elles avaient gardé dans leurs coffres, avec les souvenirs qui s’y attachent : des vêtements fabriqués à l’usine, des archives photographiques, des cartes de badge, des tenues de travail. Depuis 2013, une seconde grande section est consacrée à la soie, le métier le plus étroitement identifié à Bursa et l’un de ses principaux moyens de subsistance de l’époque ottomane jusqu’aux dernières décennies. Elle retrace l’histoire de la soie dans le monde et dans la ville et le chemin du cocon au fil puis au tissu, démontré en pratique sur une machine à dévider et des métiers à tisser la soie, avec à côté une importante collection d’objets réalisés en tissu de soie.
On s’y rend facilement par le rail : la page du musée mentionne une station Merinos sur les lignes de métro 1 et 2, énumère un long ensemble de lignes de bus, et signale les taxis collectifs Etibank-Soğanlı qui partent de la station devant l’Ulu Camii sur Atatürk Caddesi et s’arrêtent au parc Merinos. Il existe des parkings ouverts et couverts. L’entrée et les sections d’exposition sont aménagées pour les visiteurs en fauteuil roulant ou ne pouvant pas monter d’escaliers, avec des ascenseurs et des rampes vers chaque étage et chaque salle, des toilettes accessibles, et des fauteuils roulants mis à disposition de ceux qui le souhaitent. Des visites guidées sont proposées aux groupes et doivent être réservées ; les visiteurs individuels ne sont pas guidés, mais un audioguide avec des commentaires distincts pour les adultes et les enfants est disponible à l’accueil. Des séances d’éducation et de théâtre sont organisées pour les enfants et les jeunes, et des ateliers accompagnent les expositions temporaires.
Quand y aller
- Climat
- Dans l'ensemble de la province de Bursa, les températures moyennes mensuelles vont de 5,4 °C en janvier à 24,6 °C en juillet ; la moyenne reste comprise entre 15 et 25 °C en mai, juin, juillet, août, septembre et octobre ; les précipitations sont les plus fortes en décembre (99 mm) et les plus faibles en août (18 mm). Moyennes de long terme de la période 1927-2025, Service météorologique de l'État turc (MGM).







