Anemurium occupe les pentes orientales du cap Anamur, le point où l’Anatolie se rapproche le plus de Chypre. Dans l’Antiquité, c’était l’un des établissements portuaires importants de la Cilicie Trachée occidentale, situé sur la route maritime de la Méditerranée orientale et offrant aux établissements de l’intérieur de l’Anatolie leur accès à la mer. Ce double rôle explique son importance stratégique pendant les siècles romains et byzantins. La page du ministère note que les auteurs anciens comprenaient le nom comme signifiant lieu venteux.
On ne sait pas quand les premiers habitants s’y sont installés. La ville figure dans une liste de ports, ce qui permet d’affirmer qu’elle existait au IVe siècle av. J.-C. Au Ier siècle apr. J.-C., elle faisait partie du royaume grandissant de Commagène, et des monnaies d’Antiochos IV y furent frappées ; le rempart en calcaire bleu local, long d’un kilomètre et demi, date de cette période. Sous Rome, la ville devint une étape sur la route de Chypre, reliée par une route à Germaniopolis, et vécut de l’exportation des ressources naturelles de la région — la plupart des édifices encore debout datent de ces années. Cette prospérité prit fin en 260 apr. J.-C. lorsque les forces perses prirent la ville. Les Isauriens la tinrent à partir du Ve siècle, et sous Zénon d’Isaurie elle prospéra de nouveau jusqu’au VIe siècle, laissant des églises et deux petits bâtiments de bains. Les raids arabes l’atteignirent au VIIe siècle et elle fut ensuite entièrement abandonnée.
La ville se divise en deux. L’acropole couronne un promontoire escarpé à l’extrémité sud, très au-dessus de la mer, avec des tracés de remparts hellénistiques et médiévaux et les vestiges de ce qui étaient probablement des citernes, un bain et une église. La ville basse s’étend sur le terrain plat près du rivage et abrite l’architecture publique : un odéon, un théâtre, une basilique, une palestre, cinq bains, quatre églises, un aqueduc. Un rempart en zigzag entoure l’ensemble, un second rempart descendant du sommet de la colline jusqu’à la mer pour partager l’établissement en deux. Le théâtre a perdu les gradins qui reposaient sur la pente, bien que des parties de ses murs d’enceinte soient debout ; l’odéon en face est rectangulaire, avec deux entrées et environ neuf cents sièges en demi-cercle, ses portes s’ouvrant sur un couloir voûté au sol en mosaïque qui rejoint l’orchestra, et il est daté du IIe siècle apr. J.-C.
Le bain public à l’ouest du théâtre est le plus grand du site, sur deux niveaux, avec trois salles chauffées et deux piscines ; des salles voûtées occupent le niveau inférieur et les conduits horizontaux en argile de la distribution d’eau sont encore visibles, bien que peu de chose subsiste de la mosaïque de sol géométrique. Un second bain de trois cours se trouve entre le cimetière et la mer, avec des mosaïques à l’intérieur et sur le sol de sa cour avant. Le gymnase, au sud-ouest de l’odéon, s’étend sur cent mètres pour environ mille mètres carrés, entouré de portiques sur trois côtés, son sol entièrement couvert de mosaïque géométrique. Au nord de la ville, deux niveaux d’aqueduc courent d’est en ouest, le supérieur construit plus simplement que l’inférieur. Sur les pentes de la montagne qui bornent la ville à l’ouest se trouve la plus grande nécropole de la région, avec environ 350 tombes de types variés, un grand nombre d’entre elles conservées jusqu’à leur toit — un état de conservation que le ministère compare à celui d’Elaiussa-Sebaste.
Le site fut porté à l’attention moderne au XIXe siècle par le capitaine Francis Beaufort de la marine britannique, qui levait cette côte. Les travaux de surface débutèrent dans les années 1960 sous la direction d’Elisabeth Alföldi de l’université de Toronto et se poursuivirent sous forme de fouilles et de restaurations dirigées par le professeur James Russell de l’université de Colombie-Britannique jusqu’à la fin de 1998. Les trouvailles de ces travaux comprennent du matériel de pêche et les outils de bâtisseurs, de tailleurs et de potiers, des monnaies, un sceau en plomb, un poids de balance romaine, des instruments de tissage, des clés et des serrures, des rasoirs, des cosmétiques et des bijoux jusqu’à des boucles de ceinture en or. Pour gagner le site, tournez vers la mer à environ quatre kilomètres sur la route Anamur–Gazipaşa et suivez la piste de deux kilomètres ; un taxi, une voiture de location ou un véhicule privé conviennent tous, et l’adresse est Ören Beldesi, Anamur.
Comment s’y rendre
- Accès
- Au quatrième kilomètre de la route Anamur–Gazipaşa, prenez la route de deux kilomètres en direction de la mer. Le site se trouve sur les pentes orientées à l'est du cap d'Anamur. On y accède en taxi, en voiture de location ou en voiture particulière.
Quand y aller
- Climat
- Dans l'ensemble de la province de Mersin, les températures moyennes mensuelles vont de 10,4 °C en janvier à 28,5 °C en août ; la moyenne reste comprise entre 15 et 25 °C en avril, mai, octobre et novembre ; les précipitations sont les plus fortes en décembre (137 mm) et les plus faibles en août (7 mm). Moyennes de long terme de la période 1929-2025, Service météorologique de l'État turc (MGM).






