Yoros se dresse sur la rive anatolienne du Bosphore, sur le flanc oriental de son embouchure sur la mer Noire, et fut bâti avec le château d'İmros qui lui fait face à Rumeli Kavağı pour contrôler l'entrée du détroit entre eux. On l'appelle aussi Anadolukavağı Kalesi, ou château génois — un nom que la sous-préfecture juge tout simplement erroné. Une inscription grecque en lettres de brique sur l'une de ses tours montre qu'il s'agit d'un ouvrage byzantin. L'origine du nom est moins claire : l'opinion courante le fait dériver de Hieron, lieu saint, bien que la sous-préfecture note qu'il pourrait tout aussi bien venir d'oros, montagne, et pense que cette lecture est peut-être la meilleure.
Il changea plusieurs fois de mains. Les Turcs le prirent avec Şile en 1305 mais ne purent le garder longtemps. À partir de 1348, il fut tenu par les Génois, qui contrôlaient la route commerciale de la mer Noire ; une inscription recopiée au-dessus de la porte du château, consignée dans un livre de 1831, indique que le Génois Vincenzo Lercari fit réparer le château du cap sacré, bien que sa date n'ait pu être lue. À la fin du XIVe siècle, les Ottomans, qui tenaient alors toute la rive anatolienne, l'avaient repris.
Bayezid Ier en fit une base. Âşıkpaşazâde rapporte qu'en 1391 il vint par voie de terre depuis Kocaeli avec une force importante et débarqua à Yoros, d'où il envoya Yahşi Bey prendre Şile ; il construisit ensuite Anadolu Hisarı, ce qui est compté parmi les étapes les plus importantes des préparatifs de la prise de Constantinople. Dans les bois près du château se trouve un cimetière contenant les tombes de ceux qui furent tués lors de sa prise. En 1399, le maréchal Boucicaut, qui faisait des raids à l'entrée de la mer Noire, n'osa pas attaquer Yoros et ne parvint qu'à incendier le village en contrebas avant de se retirer. Ruy González de Clavijo, envoyé auprès de Tamerlan comme ambassadeur du roi d'Espagne, vit le château lors de son voyage vers la mer Noire, l'appela El Guirol de la Turquia et rapporta qu'il était bien entretenu, avec une garnison turque à l'intérieur, tandis que le château d'en face était en ruine et abandonné. Il rapporta aussi une rumeur selon laquelle une chaîne aurait autrefois été tendue d'ici jusqu'à une tour sur la rive opposée — bien que personne ne l'ait vue.
Après la conquête de Constantinople, le château fut réparé par Bayezid II, qui y fit construire une salle de prière connue sous le nom de mescid du château de Yoros ; un gardien du château plus tardif, Mehmed Ağa, y ajouta un bain. Un document d'archives ottoman de 1576 mentionne le château réparé avec sa mosquée, sa fontaine et son bain. Le voyageur allemand M. Heberer de Bretten le trouva en bon état vers 1580 et inclut dans son récit une gravure assez exacte du site. L'écrivain arménien P. Ğ. İnciciyan rapporte qu'à la fin du XVIIIe siècle et au début du XIXe, il y avait à l'intérieur du château un quartier turc de 25 maisons, avec un détachement de vingt hommes sous un gardien. Des fouilles et une restauration sont en cours depuis 2010, sous la direction de la Prof. Asnu Bilban Yalçın de l'université d'Istanbul.
Quand y aller
- Climat
- Dans l'ensemble de la province d'İstanbul, les températures moyennes mensuelles vont de 6,8 °C en janvier à 24,7 °C en août ; la moyenne reste comprise entre 15 et 25 °C en mai, juin, juillet, août, septembre et octobre ; les précipitations sont les plus fortes en décembre (99 mm) et les plus faibles en juillet (22 mm). Moyennes de long terme de la période 1950-2025, Service météorologique de l'État turc (MGM).







