Le pont de Galata franchit l’embouchure de la Corne d’Or entre Karaköy et Eminönü, reliant la rive de Beyoğlu à la place animée d’Eminönü, dans la vieille ville, avec la Yeni Cami et le Mısır Çarşısı. Le pont actuel est un pont basculant de 490 mètres de long, doté en son milieu d’une section de 80 mètres qui peut être levée ; son tablier de 42 mètres porte des voies de circulation, un passage piéton et, au centre, une ligne de tramway, ce qui en fait l’un des rares ponts basculants au monde sur lesquels circulent des tramways. Le niveau situé sous la chaussée, avec ses restaurants et ses boutiques, a ouvert en 2003. Parce qu’il relie la ville plus récente de Karaköy et de Harbiye à la ville ancienne de Sultanahmet et de Fatih, le pont est souvent qualifié de trait d’union entre deux cultures, et il a inspiré de nombreux écrivains, peintres et cinéastes.
Depuis des siècles, on cherche à franchir ce bras d’eau. On pense qu’un pont a été construit à l’époque byzantine, et un pont à arches est attribué à l’empereur Justinien au sixième siècle, bien que l’on ne sache rien de certain sur son emplacement ni sur sa construction. Pendant le siège de 1453, Mehmed II fit jeter sur la Corne d’Or un passage éphémère ; les historiens ne s’accordent pas sur le point de savoir s’il reposait sur des tonneaux reliés entre eux ou sur des navires enchaînés. Sous Bayezid II, l’idée refit surface : une démarche auprès de Michel-Ange n’aboutit pas, et Léonard de Vinci, qui voulait bâtir un pont ici, envoya des esquisses jugées irréalisables. Même à la fin du dix-neuvième siècle, beaucoup d’habitants d’İstanbul préféraient encore passer d’une rive à l’autre en barque à rames.
Le premier véritable pont de Galata fut un pont en bois, construit en 1845 par Bezm-i Alem Valide Sultan, mère du sultan Abdülmecid, et connu sous le nom de Cisr-i Cedid, le pont neuf. Un péage y fut perçu dès le début, prélevé par des agents en uniforme à chaque extrémité, et la traversée ne devint gratuite qu’en 1930. D’autres ponts lui succédèrent en 1863 et 1875. Le pont dont se souviennent la plupart des habitants d’İstanbul fut commandé à la firme allemande MAN en 1909 et inauguré en grande cérémonie le 27 avril 1912 : il flottait sur 28 pontons, mesurait 25 mètres de large pour laisser de la place aux tramways et comportait en son milieu une section ouvrante de 63,5 mètres. Les petites embarcations se glissaient par deux ouvertures, tandis que les grands navires devaient attendre son ouverture, vers l’aube. Salles d’attente, boutiques et gazinos occupaient son niveau inférieur, et de petites guérites de péage de style néoclassique turc se dressaient à chaque extrémité jusqu’à la fin du péage. Il servit quatre-vingts ans, jusqu’à ce qu’un incendie, le 16 mai 1992, le mette hors d’usage. Un nouveau pont était en discussion depuis la fin des années 1980, quand on estimait que l’âge de l’ancien et ses pontons rapprochés aggravaient la pollution de la Corne d’Or. Construit quelques mètres plus au nord, il fut ouvert à la circulation en juin 1992, avant d’être terminé, et achevé en décembre 1994.
Comment s’y rendre
Le tramway traverse le pont, si bien que les deux extrémités sont faciles d’accès. Du côté d’Eminönü se trouvent les embarcadères des ferries pour les Îles, Kadıköy, Üsküdar et le Bosphore, le point de départ des bateaux d’excursion sur le Bosphore et l’un des principaux terminus de bus de la ville.
Quand y aller
- Climat
- Dans l'ensemble de la province d'İstanbul, les températures moyennes mensuelles vont de 6,8 °C en janvier à 24,7 °C en août ; la moyenne reste comprise entre 15 et 25 °C en mai, juin, juillet, août, septembre et octobre ; les précipitations sont les plus fortes en décembre (99 mm) et les plus faibles en juillet (22 mm). Moyennes de long terme de la période 1950-2025, Service météorologique de l'État turc (MGM).







