Zeugma signifie le passage, ou le pont, et ce nom explique toute la ville. Elle se trouvait à l’un des principaux points de franchissement de l’Euphrate, là où se croisaient les routes commerciales nord-sud et est-ouest, sur des collines à dix kilomètres à l’est de Nizip ; localement, le lieu est encore appelé Belkıs. Vers 300 av. J.-C., Séleucos Ier Nicator, l’un des généraux d’Alexandre, fonda une ville à l’endroit où Alexandre avait traversé le fleuve et la nomma Séleucie sur l’Euphrate ; en face, il fonda une seconde ville pour son épouse Apama, et réunit les deux par un pont. À partir de 31 av. J.-C., le lieu passa à Rome et prit le nom de Zeugma.
Sa position en fit une base légionnaire au début de l’époque impériale et une ville frontière de l’Orient romain, c’est-à-dire un lieu où les cultures se rencontraient et se mêlaient — et c’est exactement ce que livre le sol. Les siècles romains furent sa meilleure période. En 256 apr. J.-C., le roi sassanide Shapur Ier prit la ville, l’incendia et la rasa, et elle ne retrouva jamais son rang.
Ce que la ville romaine a laissé, ce sont avant tout ses sols. Les mosaïques de ses riches villas, la plupart des IIe et IIIe siècles, atteignirent un niveau que le ministère place à côté des plus belles qui soient, et seule une partie de la zone a été fouillée. Les fouilles ont aussi livré les bulles, les empreintes de sceaux en argile, que le ministère crédite d’avoir valu à Gaziantep et à la Turquie un record mondial. Deux temples intégrés de l’époque de la Commagène se dressent également ici, d’un type que, selon le ministère, on ne trouve nulle part ailleurs. Le site a été inscrit sur la liste indicative du patrimoine mondial de l’UNESCO en 2012.
L’emplacement exact de Zeugma a mis longtemps à être établi. Les auteurs anciens l’avaient décrite, mais pendant des années on la situa à Birecik, dans l’actuelle province de Şanlıurfa. Le chercheur américain J. R. Metheny fut le premier à proposer le village de Belkıs pour cette localité, et au début des années 1970 l’archéologue allemand Jörg Wagner, qui préparait alors son doctorat, rassembla les preuves archéologiques, numismatiques et épigraphiques et établit l’identification de façon exhaustive.
L’essentiel de ce que l’on sait est sorti de terre dans la précipitation. Lorsqu’il devint clair que le barrage de Birecik inonderait la totalité d’Apamée et une partie de Séleucie, des fouilles de sauvetage furent organisées avec le ministère de la Culture et du Tourisme, le Packard Humanities Institute et d’autres ; lorsque ces travaux prirent fin en 2000, les mosaïques, les fresques et les objets des maisons romaines désormais immergées avaient été relevés et transportés au musée de Gaziantep. Les fouilles reprirent en 2005 sous la direction du prof. Kutalmış Görkay de l’université d’Ankara. Les campagnes antérieures comprennent les travaux du musée de Gaziantep en 1987 sur la nécropole sud-est, où l’on découvrit des chambres funéraires creusées dans la roche, des fouilles conjointes avec l’université d’Australie-Occidentale entre 1992 et 1994, et des travaux français à Apamée par l’université de Nantes à partir de 1995. On accède au site par les véhicules qui desservent Belkıs Merkez Mahallesi à Nizip.
Comment s’y rendre
- Accès
- Prenez un véhicule jusqu’au quartier de Belkıs Merkez, à Nizip, dans la province de Gaziantep.
Quand y aller
- Climat
- Dans l'ensemble de la province de Gaziantep, les températures moyennes mensuelles vont de 3,2 °C en janvier à 28,1 °C en juillet ; la moyenne reste comprise entre 15 et 25 °C en mai, juin, septembre et octobre ; les précipitations sont les plus fortes en janvier (103 mm) et les plus faibles en août (5 mm). Moyennes de long terme de la période 1940-2025, Service météorologique de l'État turc (MGM).
Horaires de visite
- Horaires de visite
- 08:00 - 19:00







